Nessus et Déjanire sont placées devant deux statues nommées " les Prêtres Egyptiens" bien que pour ma part je trouve qu'ils ressemblent plus à des druides païens qu'à des Egyptiens !

Cette appelation fait elle référence aux deux sarcophages et leurs momies que Fouquet avait acquis en 1659 et qu'il exposait dans sa maison de St Mandé ? En tout cas l'incontournable Madeleine de Scudéry écrit dans Clélie que Fouquet avait chargé Le Brun de faire bâtir  : «  … en un petit coin de terre assez irrégulier, deux pyramides à l'imitation de celles prés de Memphis, pour abriter les deux momies égyptiennes qu'il possédait »

Après moults changements de propriétaires, les sarcophages reposent aujourd'hui au Louvre, dans les salles du Musée égyptien, sous les numéros D 5 et D 7. La science moderne a déchiffré les noms des défunts : ils s'appelaient Hor-Kheb et Ank-mer et vivaient sous la 26 ème dynastie

LES PRETRES EGYPTIENS

Il semblait que personne ne sache grand chose sur ces statues, le nom du sculpteur était en partie effacé et quelques recherches sur la partie du nom lisible (Joan March ...) n'avait rien donné mais récemment, Monsieur Serge Tejero, travaillant bénévolement à enlever la mousse sur le socle des statues, a eu la chance de se trouver au bon moment au bon endroit avec "la bonne lumière" et a pu faire cette photo ou un nom apparait clairement :

En tapant "op.Joan Marchiori" sur Internet on trouve quelques pages en Allemand qui font réference à Giovanni Marchiori, sculpteur Italien du début du XVIIIeme siècle dont quelques une des oeuvres ressemblent beaucoup à ces statues (voir ICI ) On peut s'interroger sur le fait qu'il y ait "op" soit probablement le verbe latin operari (oeuvrer) alors que le prénom Giovanni a été transformé en Joan.

 

En revenant vers le centre du jardin, on voit sur la bordure de la seconde Terrasse Sud Jardins, 4 groupes de statues de chérubins ( ou "putti") surmontées de corbeilles débordantes de fruits, tout ceci symbolisant l'abondance.

 

Vers l'Est,en contrebas, le Parterre de la Couronne nommé ainsi en référence à la Couronne située au milieu du plus grand des bassins. Cette couronne, est clairement un hommage au Roi voulu par Fouquet puisque si celle ci date de la restauration de la fin du XIXème, originellement il y en avait déjà une, plus large et moins haute. (voir les gravures d'israel Silvestre ) et que cette couronne est situé juste sous les fenêtres de la chambre que Fouquet destinait au Roi (mais dans laquelle aucun roi n'a jamais dormi !)

A propos des bassins, il y a aujourd'hui à Vaux une surface de 7 ha d'eaux répartie en 20 bassins alors qu'il y en avait 36 en 1661. On sait où étaient situés les 16 bassins manquants, le fait de les recréer n'est qu'une question d'argent. Il manque :

•  2 petits bassins avec jet d'eau à la place des bancs au départ des Boulingrins

•  4 vasques autour du Rond d'Eau, à la place des statues. Des témoignages parlent de 4 petits amours (chérubins/angelots) qui tenaient sur leurs têtes des coquilles d'où l'eau tombait sur des petits carrés de gazons

•  2 bassins avec vasque et jet d'eau dans le Parterre de Fleurs à la place des grands vases blancs. Actuellement l'eau est symbolisée par le feuillage gris bleu des santolines.

•  1 bassin avec vasque et jet d'eau à la place du Bénitier

•  4 buffets de jets d'eau de chaque coté des Grilles d'Eau, seuls les 2 du haut ont été recréés

•  1 buffet de jets d'eau derrière les Grilles d'Eau, à la place de la haie entre les deux termes

• 2 rangées de jets d'eau à la place des vasques plates de l'Allée des Grecques. Les jets verticaux ressemblaient à des « balustrades de cristal», c'est tout au moins ainsi que Mlle de Scudéry, une auteur contemporaine de Fouquet les décrit et c'est ce qui valait à cette allée, au XVIIème, son nom d'Allée d'Eau.

Si on excepte ces bassins manquants, tout le réseau hydraulique fonctionne encore exactement sur le même principe qu'au XVIIème siècle : par simple gravité ! De plus, toute l'eau de Vaux provient de nombreuses sources qui sont captées puis stockées dans deux réservoirs. C'est ensuite par une vingtaine de kilomètres de canalisations en fonte que l'eau est amenée jusqu'aux divers bassins et jets d'eaux.

Ce qu'il faut bien retenir c'est que le réseau hydraulique des jardins de Vaux le Vicomte n'est pas relié à l'eau de ville et que les jets d'eau sont totalement dépendant des ressources d'eau naturelle. Il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton ou de tourner un robinet pour ouvrir les jets d'eau, il faut d'abord manœuvrer de grosses vannes centenaires situées à plusieurs mètres sous terre afin de remplir les réserves d'eau et ce n'est qu'une fois que ces réserves sont pleines qu'il est possible de faire jouer les jets d'eau... Et une fois les réserves vides il est impossible d'ouvrir le moindre jet avant plusieurs jours …