Une fois redescendu du dôme il faudra passer du côté Sud du château pour continuer la promenade dans les jardins. Avant, je vous conseille d'aller sur les Terrasses Latérales pour avoir une vue englobant la totalité des broderies de buis des Parterres Est et Ouest.

Le Parterre Est

 

Le Parterre Ouest

D'ici la présence de nombreux topiaires, pour la plupart des ifs et des buis taillés en cônes ou en pyramides, est évidente ... Pourtant si les topiaires, ont bien leur place dans les Jardins à la Française, sur les gravures d'Israël Sylvestre qui représentent les jardins de Vaux en 1660 il n'y a pas de topiaires. Sur le tableau peint en 1728 (voir ici) lors de la visite à Vaux de la reine de France, Marie Leszcynka , l'épouse de Louis XV, on ne voit aucun topiaire non plus … C'est parce qu'à Vaux, les topiaires ont été plantés par les Duchêne lors de la restauration du début du XXème siècle.

Reprenons notre promenade depuis la Terrasse Sud Château d'où on semble avoir une vue générale sur les jardins à la française de Vaux le Vicomte...

Ce style de jardin est ainsi nommé car ils ont été développés en France, notamment par André le Nôtre (ou Le Nostre si on veut respecter l'orthographe de l'époque) Ils sont une évolution des jardins Italiens du XVIème siècle où étaient apparus les alignements de végétaux taillés ainsi que la présence d'eau et de statues dans les jardins. Au XVIIème, Le Nôtre reprend tous ces éléments et les dispose de façon rigoureuse en ordonnant le tout autour de la demeure de façon à créer un ensemble cohérent. Pour arriver à ce résultat il fallait évidement concevoir les plans des jardins en étroite collaboration avec l'architecte des bâtiments et utiliser les mêmes règles d'architecture classique que lui, c'est ce qui vaudra à ce style de jardins d'être aussi nommés Jardins d'Architectes ou Jardins Classiques.

Pour se rendre compte de l'effet qu'ont voulu produire ici l'architecte Louis Le Vau et le jardinier paysagiste André Le Nôtre, il faut s'imaginer arriver par le vestibule du château. Le regard traverse le Grand Salon, file directement dans le jardin, suit l'allée centrale, est conduit vers les Grottes qui sont posées au fond du jardin puis remonte jusqu'à Hercule … Cette vue produit, à coup sur, une impression d'immensité saisissante !

Mais pour que cette immensité ne paraisse pas disproportionnée, Le Nôtre utilise les principes de la « perspective ralentie » qui consiste à agrandir les différents éléments du jardin ( statues, bassins, parterres ) au fur et à mesure qu'ils s'éloignent du château afin de comprimer les perspectives. Par exemple de la terrasse Sud on croirait que le bassin carré du bout du jardin est de la même taille que le bassin rond situé au premier plan alors qu'en fait il est 8 fois plus grand !!

Par rapport aux autres jardins à la Française que sont Versailles, Chantilly, Sceaux, Saint Germain en Laye ou les Tuileries, les jardins de Vaux ont ceci de plus, que si dans tous les autres lieux Le Nôtre dut prendre en considération ce qui existait ici, il pût disposer d'une « page blanche » et laisser libre cours à tout son talent pour inventer les règles du jardin à la Française, règles qu'il déclina ensuite dans de multiples autres lieux…

Les jardins de Vaux le Vicomte depuis le pont levis au Sud du chateau