Lors du procès de Fouquet, bien que Louis XIV ait nommé les juges de la chambre de justice spécialement créée à cet effet et que, par l'intermédiaire de Colbert, il pèse de tout son poids pour que la sentence soit la mort, les juges osent aller contre la volonté royale en ne condamnant finalement Fouquet qu'au bannissement à vie du royaume. Le roi use alors de son droit régalien non pas pour alléger la peine comme c'est l'usage mais pour l'aggraver et la transformer en emprisonnement à vie. Fouquet ne ressortira jamais de prison.

Des siècles plus tard, il est encore surprenant de voir la façon dont Louis XIV s'est acharné pour que Fouquet ne puisse jamais avoir de contact avec l'exterieur et on ne peut s'empécher d'avoir le sentiment que cela dépasse de très loin le simple fait d'avoir l'inimitié du Roi ... Et même si on rajoute le fait que Fouquet aurait fait des avances à Mme de La Vallière, la maitresse de Louis XIV, la sentence est lourde, très lourde. Sauf que comme cette "mise au secret" a été parfaitement exécutée on ne peut que s'interroger sur ce que savait Fouquet que la monarchie Française ne pouvait se permettre de laisser divulguer ...

En 1673 Madame Fouquet parvient à récupérer le château.

En 1680, le 3 avril, Fouquet meurt dans la forteresse prison de Pignerolles. (Aujourd'hui Pinerolo, en Italie près de Turin) mais la haine du roi le poursuit jusque dans la mort puisque il est inhumé dans le plus grand secret et encore aujourd'hui on ignore ou se trouve la sépulture de Nicolas Fouquet !

En 1684, Madame Fouquet fait don de Vaux le Vicomte à son flis, Louis Nicolas Fouquet.

En 1705, à la mort de Louis Nicolas, Mme Fouquet ne peut assumer la charge financière du domaine et elle le vend au Maréchal de Villars, une grande figure militaire. Vaux le Vicomte devient alors Vaux-Villars.

En 1728, à l'occasion de la visite au domaine de la Reine de France, Marie Leszczynska, un grand tableau montrant la totalité des jardins depuis la terrasse de la Gerbe est peint par Martin Jean Baptiste (dit Martin des Batailles), ce tableau est encore dans le château et peut être utilisé comme témoignage sur l'aspect des jardins à cette époque. Il permet notamment de voir que les buis qui avaient été plantés pour Fouquet n'existaient plus quelques décennies plus tard et que moins de 70 ans après la grande fête qui avait tant vexé Louis XIV, les Grandes Broderies de Buis avaient déjà été remplacées par de la pelouse !

LA REINE DE FRANCE, MARIE LEZCYNKA EN VISITE A VAUX LE VICOMTE EN 1728

 

En 1764, le fils du Maréchal de Villars, ruiné, fait déterrer et vendre les canalisations de plomb qui alimentent les bassins puis il vend le domaine au Duc de Choiseul-Praslin, un diplomate. Le domaine devient alors Vaux-Praslin.

 

LES DIFFERENTS PLANS DE VAUX LE VICOMTE

LE PLAN D'ISRAEL SILVESTRE

 

LE PLAN DE LE NOTRE dit PLAN DE L'INSTITUT

Ce plan représente les jardins de Vaux sans l'ombre d'un doute. Une bonne partie des experts l'attribut à Le Nôtre mais il reste une interrogation : est ce que c'est ce plan qui a été suivi pour les travaux du XVIIeme siècle ou bien n'est ce qu'un projet ?

 

PLAN VAUX VILLARS

 

PLAN VAUX PRASLIN

En 1789, pendant la révolution, c'est la Duchesse de Choiseul Praslin qui sauve le château. Prévenue que le procureur de Melun avait requit la destruction de Vaux le Vicomte, elle écrit une lettre à la Commission des Arts expliquant que ce décret avait été fait en vertu de la loi ordonnant « la destruction des châteaux fortifiés pouvant abriter les ennemis de la République » mais que Vaux n'entrait pas dans cette catégorie puisqu'il n'avait jamais été fortifié, qu'il n'avait ni tour ni tourelle et que la façade étant percée d'une multitude de fenêtres qui rendaient toutes dissimulations impossibles… Elle ajoute que si, malgré tout, cette destruction s'avérait indispensable, elle implorait qu'on lui laisse un délai afin qu'elle décroche ses toiles de maitres pour en faire don aux musées nationaux. La commission rendit un rapport favorable et le château n'eut à subir que quelques dégradations symboliques...

En 1847, après que cinq générations de Choiseul-Praslin se soient succèdées à Vaux, à la suite d'un drame familial sordide où le Duc Charles de Choiseul praslin poignarde sa femme dans son appartement du Faubourg Saint Honoré avant de se suicider en avalant de l'arsenic, Vaux el Vicomte est abandonné. Le domaine sombre peu à peu dans l'oubli et l'abandon et est finalement mis en vente aux enchères. Son destin annoncé est celui de nombreux châteaux : d'abord vendu à un marchand de bien puis démoli pierre par pierre pour revendre les matériaux qui le composent...